Comme chacun sait

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Comme chacun sait, l’argent dépensé pour les livres ne compte pas – tout comme l’argent dépensé par chèque -, c’est pourquoi ce n’est pas du tout pas raisonnable d’entrer dans une librairie « pour regarder », comme ça, au milieu du mois.

Entendu

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Entendu il y a 10 minutes, en cette Journée internationale du droit des femmes, une femme dire à un homme qui proposait de lui porter un sac lourd : .

– Vous voyez c’est pour ça que je suis pas féministe, parce que je sais, moi, que les hommes ça sert encore à quelque chose.

Pas dit, et regretté de pas l’avoir fait :

– Si vous trouviez normal, vous, que cet homme soit payé mieux que vous à compétences égales, qu’il vous demande une faveur sexuelle en échange de son service une fois en haut des marches, qu’il use de votre sac pour l’abattre sur votre tête ou de sa force pour vous obliger à quoi que ce soit, alors effectivement, vous n’êtes pas féministe.

Au retour en voiture

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Philippe Delerm (éditions Points) au sujet de son fils, Vincent Delerm, et de ceux qui gardent leur enfance et leur maison très clair, très fort.

Merci pour vos adorables petits mots qui me parviennent au sujet de « Quatre murs et un toit », je souhaite à tout le monde (sauf à la dame qui s’occupe de mes colis au point presse du quartier) de vivre une période comme celle qui accompagne la sortie d’un nouveau roman, une sorte d’anniversaire qui se prolonge bien après que les bougies soient soufflées.

La première chose que l’on remarque

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Photo Audrey Ricoul

La première chose que l’on remarque c’est son regard : celui des yeux, mais pas seulement. Une façon de parler, d’allumer une bougie, de serrer la main très fort, de rire, de se taire, de souffler sa fumée, de photographier, aussi.
Elle a un univers, qu’elle trimballe avec elle partout mais qui ne prend pas de place. Celui duquel elle est faite, et qui donne à chaque lieu où elle est, à chaque geste qu’elle fait, à chaque regard qu’elle porte sur les gens, les événements et les choses, une lumière différente.
Elle utilise des mots qu’elle invente, des expressions inédites, elle a construit un dictionnaire rien qu’à elle et qu’on comprend tout de suite, elle met des mots dans les creux, là où la langue échoue à dire.
Elle prend des photos -c’est son travail-, elle aligne des mots, chaque phrase et chaque cliché portent sa signature, d’ailleurs en la rencontrant j’ai découvert la nécessité d’inventer un nouveau mot, « ricoulien », adjectif qui se rapporte à tout ce qui se rapporte à elle, justement.
Est ricoulien : une bougie sur une cheminée, un verre de vin, un bouquet dans une cuisine, un parfum qui flotte dans l’air, un grain de peau, une terrasse de bistrot l’hiver, un carnet griffonné, un billet d’avion pris sur un coup de tête, une minuscule fenêtre qui donne sur la mer.
Elle n’aligne pas les mots pour qu’il fassent « beaux », n’agence pas les choses pour qu’elles « rendent » bien. Le travail se fait bien en amont. Ses photos ne sont pas le reflet de ce qu’elle voudrait montrer, c’est le reflet de ce qu’elle voit, vraiment.
Si la vie est souvent plus belle vue de derrière son objectif, c’est que la vie est belle vue de sa tête, c’est aussi simple que ça.
Est ricoulien aussi la couverture de mon roman, qu’elle m’a fait l’immense cadeau de réaliser.
On a passé quelques jours ensemble dans la maison dont je parle dans ces pages, c’était la plus douce manière possible de boucler la boucle, de clore l’histoire, une histoire de fantômes d’enfants qui rient encore dans leurs chambres, et de maisons d’enfance qu’on ne quitte jamais vraiment puisqu’elles font partie de nous. Une histoire ricoulienne.

« C’est difficile de parler d’une maison »

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« C’est difficile de parler d’une maison. On sait ce qu’elle représente quand on l’a perdue, quand on ne peut plus y entrer parce qu’elle n’est plus la vôtre. J’ai toujours ressenti cette souffrance par rapport aux maisons que j’ai habitées, de les revoir et de ne plus pouvoir y entrer. Et la mélancolie de me dire : ce n’est pas la peine d’y entrer puisque tout y sera changé, que j’en voudrai aux nouveaux occupants…

Chaque fois que je suis retournée là où j’ai vécu, j’ai pensé que c’était une erreur. Il faut se contenter de la mémoire. C’est là où sont réellement les choses, nulle part ailleurs.

Je crois que tout le monde sent ça. Il y a une forme de désespoir particulier à revoir une maison où on a vécu et à ne plus voir qu’une carcasse, finalement… Mais la souffrance ne vient pas de la perte des murs, même si ça en fait partie, elle vient de la perte de ce qui a eu lieu là, de ce qui y a été vécu, de ce qu’on a aimé, des gens qui ont été là. »

Je pense que c’est en lisant cet entretien entre Annie Ernaux et Michelle Porte que je me suis dit pour la première fois qu’il faudrait que j’écrive sur cette maison. « Il faut se contenter de la mémoire. C’est là où sont les choses, nulle part ailleurs », sauf peut-être dans les livres qu’on écrit pour se souvenir.

« Quatre murs et un toit » sort demain, j’ai les contractions qui se rapprochent mais je ne suis pas sûre qu’elles soient vraiment douloureuses.

23 rue Saint Vivien, 76000 Rouen

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23 rue Saint Vivien, 76000 Rouen.

J’ai vécu deux ans en face de cet appartement sans savoir que c’était celui de la chanson de Vincent Delerm. À quelques jours de la sortie de mon prochain roman qui parle de lieux qu’on habite un temps et qui nous habitent longtemps, je m’arrête devant l’appartement de la chanson, avec dans la tête ses paroles :

« Devant l’appartement 23 rue St Vivien
peut-être que dans trois ans tu passeras avec quelqu’un
Et derrière ton visage tout ce qui ne se dit pas
les histoires, les images que tu gardes pour toi
une soirée de juin, 23 rue St Vivien
Dans cet appartement 23 rue St Vivien
tu viens d’passer trois ans
et tu t’en vas demain. »

*Les coulisses d’un roman*

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Voilà, je n’ai plus de doigts (mais j’ai un rouge à lèvres fluo, ça compense), et il me reste juste assez de pouces pour vous dire que mon troisième roman s’appelle « Quatre murs et un toit » et qu’il sort le 1er mars. Et que je suis, comme les deux fois précédentes, aussi heureuse qu’angoissée de le savoir bientôt dans d’autres mains que les miennes et celles de @philipperobinet et @marinemontegut, les éditeurs rêvés pour poursuivre l’aventure commencée avec « Un tout petit rien ». Je les remercie encore de leur confiance, et niveau « Merci » j’en dois aussi un gros à la belle et talentueuse @audreyricoul, qui rend toujours tout beau et doux grâce à son regard, son univers et son objectif, et grâce à qui cette couverture est exactement celle dont je rêvais. J’espère qu’elle vous plaira autant qu’à moi, et vous donnera envie de découvrir ce qui peut bien se cacher derrière…