Les dernières fois

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Ceux qui me connaissent le savent, je suis obsédée par les dernières fois. Surtout par celles qu’on ne voit pas venir, comme la fois où on lit un livre à son enfant, le soir, et qu’on le repose sur la table de chevet encombrée d’un caillou cœur, d’un hand spinner qui ne tourne plus et d’un réveil sans pile, sans savoir qu’il n’y aura pas d’autres fois.

J’ai vu ce moment venir, quand ma fille s’emmerdait presque autant que moi quand je lui lisais des albums d’enfants, et que les premiers romans qu’elle commençait laborieusement à découvrir n’étaient pas de ceux qu’on lit avec une voix de maman.

Et puis il y a eu ce livre : « Les jours pairs », de Vincent Cuvellier. Ca commence au 2 janvier et ça se termine le 30 décembre. On l’a commencé au milieu, à peu près. C’était un soir où les cheveux avaient mis trop de temps à se rincer, le travail trop de temps à se faire et le diner trop de temps à se préparer. Un de ces soirs de « trop » et forcément de « pas assez », et j’ai dit qu’il était tard, que c’était pas le moment, et puis j’ai commencé, et terminé, je dirais 4 minutes après.

C’est le temps de lecture, montre en main, de ces « 179 histoires à lire avec qui on veut », c’est le temps que ça prend aussi pour finir la journée avec le sourire partout, aux lèvres et au coeur. On termine parfois la lecture avec les yeux humides, d’autres fois c’est mignon à vous faire frétiller les ovocytes, d’autres encore – souvent – drôle à devoir s’arrêter pour glousser. C’est tout le temps d’une tendresse dingue sur soi, la vie, les autres. J’ai plus jamais eu l’envie de sauter une page pour en finir plus vite avec l’histoire du soir, chacune d’entre elles se dévore avec un plaisir partagé, avec une seule hâte, celle d’être à apres-demain.

J’avais découvert cet auteur à l’étage jeunesse d’une librairie il y a quelques mois, sans savoir que grâce a lui la dernière fois n’en serait pas une, et que j’avais encore devant moi un an d’histoires à lui lire le soir assise sur le bord de son lit, dans sa chambre en bazar, les cheveux pas démêlés, et en reposant le livre sa voix qui dit, presque à chaque fois, « je crois que celle-là, c’était ma préférée ».

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