Et au milieu

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Et au milieu coule pas une rivière mais pousse un poirier, qui se dresse en plein coeur du petit carré de béton à l’entrée, et à partir de mars étend ses branches en fleurs jusqu’au balcon où, tous les matins, je bois mon café en fumant une cigarette. On dirait un enfant qui tend la main pour me demander de jouer à « c’est le printemps ». On disait qu’il faisait beau, et que j’étais un arbre. On disait que t’étais une dame et que t’avais pas le temps de jouer à ce jeu-là. On disait que le soleil s’y mettait et venait s’emmêler dans mes branches et dans tes doigts, et que maintenant qu’on était deux tu ne faisais plus le poids. On disait que tu riais et que tu disais « bon d’accord le printemps, d’accord les enfants », et que tu t’asseyais sous mes branches, quelques minutes à ne rien faire. On disait qu’après t’étais contente de l’avoir fait parce qu’au fond tu sais bien qu’à force de reporter parce qu’on n’a pas le temps, un jour il est trop tard et c’est l’heure de dormir, de mourir ou de l’hiver. On disait qu’on se donnerait rendez-vous tous les matins, pour jouer un peu, juste 5 minutes, allez s’il te plaît, oui trop bien, 5 minutes promis.

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