Bébé dans un coin

Je n’aime pas beaucoup les retrouvailles, j’ai assez peur de l’impudeur et je n’ai presque plus de batterie, ça ne me facilite pas la tâche pour un retour ici.

Mais récemment on m’a dit que mon blog était HS, j’ai constaté que c’était vrai. Un coup de fil à mon frère et c’était réglé, mais je crois que c’était le cas depuis un moment, et ça m’a donné l’impression d’avoir oublié un enfant quelque part. Or on ne laisse pas bébé dans un coin, c’est bien connu.

J’ai laissé cet espace dans un coin parce que je ne pouvais plus y rentrer toute entière, et qu’il y avait trop de choses que je n’avais pas le droit d’y dire pour m’y sentir tout à fait bien.
J’ai laissé traîner cette idée longtemps dans ma tête et aujourd’hui je me demande s’il n’y aurait pas là une sorte de défi, qui consisterait ici comme dans la vie à apprendre à adopter des postures qui rendent possible d’être soi, sans tout à fait tout dire de soi.

On dirait que ce serait un challenge, et que j’essayerais de le relever. On dirait que pour ça je ne me mettrais pas trop la pression, que le seul objectif ce serait de retrouver le plaisir : plaisir de dire certaines choses, que la nécessité d’en taire d’autres ne ternirait pas. Et peut-être même plaisir de réaliser que c’est parfois en parlant d’autre chose qu’on fait taire dans notre tête ce qui nous empêche de parler, vous suivez ?

On dirait que cet endroit serait là pour ça, pour m’apprendre à régler l’objectif d’un appareil photo imaginaire, qui zoomerait sur des détails, en laisserait d’autres dans le flou, choisirait de mettre la lumière sur un élément plutôt qu’un autre, tout ça à une fin bien précise : pas que la photo soit belle, mais qu’elle soit sincère.

Ce n’est pas parce qu’on prend une photo de la mer en laissant le casino hors du cadre qu’on a menti sur le paysage.

Après tout je cache bien mes cernes sous un produit beige et très cher. Si on maquille nos visages pourquoi on n’aurait pas la possibilité de maquiller un peu nos vies.

Vous avez vu, je n’ai pas mis de point d’interrogation, c’est peut-être un début de progrès.

Love, odeur de sapin et crépitement du feu de bois pour tous, et à un de ces demains, si vous le voulez bien.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s