St Valentin

Dire que la St Valentin, ça pue et c’est pathétique.

Et aller acheter de quoi la fêter. 

Se dire qu’il détestera, parce qu’il est rebelle, et un poil anarchiste. 

Alors poser négligemment le butin Picard dans un placard, façon « c’est tout ce que j’ai trouvé »

Se maquiller. 

Se démaquiller, parce que c’est pas assez naturel. 

Se remaquiller, parce que ça l’est trop. 

Sépiler les jambes. 

Côté droit.

Puis côté gauche.

S’épiler plus haut. 

Côté droit. Ticket de métro. 

Regretter, parce que c’est trop. 

S’épiler, côté droit. Parce que symétrique, c’est mieux.

Se rappeler que la St Valentin, ça pue et c’est pathétique

Et qu’il déteste ça.

Se parfumer. 

Un peu. 

De loin. 

Comme si c’était fait depuis des heures, et que la journée avait emporté avec elle la moitié des effluves.

Mettre des chaussures avec des grands talons. 

Les retirer, beaucoup trop endimanchées. 

Les remettre, classes, quand même. 

Se décider pour une seule, histoire de couper la poire en deux. 

La retirer, parce que c’est casse gueule.

Se convaincre que la St Valentin, ça pue et c’est pathétique.

Parce qu’il détestera.

Mais allumer une bougie. 

Puis une deuxième. 

Eteindre la lumière. 

Eteindre la bougie. 

Rallumer la lumière. 

Et la bougie.

L’entendre arriver

Se sentir con, maquillée, pieds nus, avec la lumière blafarde et la bougie timide. 

Lui dire qu’il fait faim, et qu’on peut bouffer une pizza ou des trucs Picard, je crois qu’il y en a, là, dans le placard. 

Le voir partir et se dire que la St Valentin, ça pue et c’est pathétique. 

Se plonger dans un magazine, tiens Télé 7 jours.

Attendre.

Entendre un bruit de verres, et voir arriver deux coupes, et une bouteille de champagne.

Se dire qu’il a quelque chose à fêter, un nouveau taf, un site enfin en ligne ?

Lever les yeux, et le voir tendre de ses gros bras de rebelle un énorme bouquet de fleurs avec un coeur rose à paillettes planté dedans.

Se dire que la St Valentin ça pue peut-être, mais qu’un rebelle qui offre des fleurs le 14 février, ça n’a rien de pathétique.

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