Mercredi chéri

Je suis atteinte de narcolepsie motorisée. Ce qui signifie, concrètement, que je m’endors instantannément en pénétrant dans tout appareil muni d’un moteur : train, moto, mixeur, auto-tamponeuses, voiture….

Une pathologie qui fait de moi un compagnon de route idéal pour qui veut voyager tranquillement, mais qui présente certains inconvénients.

Pour cette raison et plein d’autres (peur, parents traumatisants pendant la conduite accompagnée, toc consistant à avoir envie sur l’autoroute de me projeter violemment contre la rambarde de sécurité pour voir ce que ça fait, absence de voiture, perte du permis de conduire, parents refusant de me prêter leur voiture mais l’autorisant à ma soeur) j’ai donc eu peu d’occasions de conduire et encore moins de vaincre l’angoisse qui m’envahit à l’idée de prendre le volant.

Aussi, quand le père de ma fille qu’on appellera Espèce de grand malade à petite bite Dora Seb pour conserver son anonymat m’a annoncé au détour d’une conversation que « bon j’y vais, bonne journée, il y a juste les enfants à conduire à leurs activités » j’ai cru mourir.

C’est vrai quoi, c’est pas comme s’il habitait en région parisienne, que ladite activité était située à l’autre bout de la ville, que je connaissais pas la route pour m’y rendre et que la taille de sa voiture était inversement proportionnelle à celle de sa bite mon assurance au volant.

Remarquez, heureusement qu’il me l’a pas annoncé 2 jours avant, parce que j’aurais eu le temps de tomber en dépression nerveuse ou de lui dire que « Ecoute j’ai bien réfléchi, je crois que toi et moi ça collera pas, je vais rentrer à Rouen (en train) et on se tient au courant, bisoux. »

Finalement, mon calvaire n’a duré que huit heures. Huit longues heures pendant lesquelles j’ai envisagé toutes les hypothèses et espéré tous les miracles qui m’éviteraient peut-être d’affronter cette épreuve.

L’incendie dudit bâtiment quelques heures avant ledit cours

Manque de pot, c’est d’une piscine dont il s’agit. A partir de septembre je milite pour qu’ils s’inscrivent tous à l’accrobranche.

La perte des clés de la voiture quelques minutes avant le départ

Ca a failli réussir hein. Branle-bas de combat dans la maisonnée, air affolé merveilleusement bien simulé de la conductirce, j’ai nommé moi-même, doigts croisés très forts pour qu’ils trouvent pas ma cachette, puis soudain :

– C’est bon je les ai !

– Ah ?

– Elles étaient dans le frigidaire.

– Ah. Bizarre. Bah on y va alors.

La punition

– Non en fait on y va pas.

– Bah pourquoi ?

– Parce que c’est vous, en fait, le coup des clés. Et vous savez ce que je leur fais, moi, aux enfants qui s’amusent à cacher les clés dans le bac à légumes du frigidaire ?

– Bah comment tu sais qu’elles étaient dans le bac à légumes ?

– Et merde.

Le coup de la panne

J’ai même simulé un grave problème technique empêchant toute possibilité de démarrer l’engin, avec la certitude qu’à leur âge ils y connaissaient rien en mécanique.

C’était bien mal les connaître, il a pas fallu 10 secondes à l’aînée pour me suggérer de mettre la clé de contact.

Un moment, il a donc bien fallu y aller.

J’ai alors espéré ne pas trouver de place, pour ne pas avoir à me garer.

Manque de bol j’en ai eu une tout de suite, ce qui m’a laissé, rapport au fait que j’avais prévu un peu de rab, une bonne heure et demie pour me remettre de mes émotions.

Puis finalement, une fois sur place, mon voeu s’est exaucé.

Il y avait juste un petit problème de timing, mais on a bien réussi à perdre les clés.

L’accrobranche, ça se fera dans le jardin.

Et qu’ils aillent pas me dire que sans arbre c’est pas marrant.

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