Il y a quelque chose qui est pire que les mecs maladivement jaloux.

C’est les mecs maladivement pas jaloux.

Ceux qui voient tellement le mal nul part que s’ils te surprenaient nue avec leur meilleur pote sur le canapé, ils seraient super contents que vous vous entendiez bien.

Au début, c’est sympa, tu te dis que tu ne finiras pas dans Confessions Intimes à devoir baisser les yeux dans la rue  sous la menace de ton mec devant toute espèce du genre masculin, au risque d’entendre : « bah vas-y te gêne pas, tu veux que je t’aide, il t’excite ce lampadaire hein c’est ça il t’excite ?! »

Puis, tu commences à t’interroger sur l’interprétation à donner à l’absence de ce pêché capital. Et tu en conclues que :

1/ Il ne conçoit pas que tu puisses avoir ailleurs d’autres occasions ou chances de conclure avec qui que ce soit.

2/ Il imagine très bien, et il s’en branle. Au sens propre ET figuré, tant qu’à faire.

Alors tout de suite, tu trouves ça moins sympa, et même si tu es encore dans le flou concernant ces deux hypothèses, tu as une certitude, celle qu’elles puent toutes les deux.

Tu décides alors de mener l’enquête, et de procéder par élimination.

Un soir de dîner romantique, tu lui prends la main, tu le regardes droit dans les yeux, tendrement. La flamme de la bougie posée entre vous vascille joliment et confère à vos visages attendris une douce lumière. Tu penches la tête un peu, sur le côté, et d’une voix sensuelle et amoureuse, tu lui demandes : « Dis mon amour, ça te fait quoi d’imaginer que je me fais sodomiser par la terre entière sauf toi ? »

La réponse est sans appel : « Bah ça me fait mal au cul pour toi ».

Tu aurais préféré qu’il se lève et ailler casser la gueule au monde entier sauf lui en poussant des râles virils, alors tu serres les dents, tu saisis la bougie, tu la brandis devant lui en le menaçant de lui brûler les 3 poils de sa joue gauche laissant ainsi orphelins les 2 de sa joue droite, et tu reposes la question en étant plus claire, parce que tu as lu dans plein de manuels de psychologie masculine que c’était mieux pour eux quand ils avaient à répondre par « oui » ou « non » : « Est-ce que ça te ferait plaisir, OUI ou NON ?! »

Non, ça lui ferait pas plaisir.

A la bonne heure.

Tu rayes la seconde possibilité.

Il en reste donc une, pas beaucoup plus glorieuse.

Alors tu passes à l’étape 2.

Tenter d’éveiller sa jalousie.

Tu penses bien à te nourrir exclusivement de Special K et à danser dans ta cuisine comme dans la pub pour qu’il se dise qu’il y a quelqu’un derrière tout ça, mais tu trouves que les Special K c’est un peu sec et pas toujours bon pour le transit.

Alors tu décides d’utiliser des moyens moins subtils.

Un soir de janvier, tu prétends que tu as rendez-vous avec ton ex.

Sans surprise, il est ravi pour toi.

Alors tu vas te changer.

Quelques dizaines de minutes après, tu ressors de la salle de bains. Tu t’es aspergée de parfum aux notes « sensuelles et gourmandes », dont le
message olfactif pourrait s’apparenter à : « Oh oui prends-moi comme une
ouvrière ».

Tu portes un short en jean. Celui qui te fait des fesses à provoquer une érection à un contrôleur des impôts homosexuel et castré.

Des chaussures avec lesquelles tu ne peux pas marcher, et un corset complètement transparent.

Tu es à poil (sans « s » parce que tu es parfaitement épilée) donc, pour ainsi dire.

Clopinant jusqu’à lui le plus dignement possible, tu l’embrasses furtivement dans le cou avant de faire semblant de sortir.

Dans ton dos, une voix étonnée :

– « Non mais attends c’est une blague ? »

– « Hein ? Quoi ? Tu m’as parlé ? Bah quoi ? « 

– « Tu vas quand même pas sortir comme ça ? »

– « … Quoi t’aimes pas ? … 🙂 (hihi) (joie) (mission réussie)  »

– « C’est pas ça, mais tu vas avoir froid non ? »

Tu en conclues que cette scène aurait eu lieu en plein mois d’août, il t’aurait souhaité avec sincérité une excellente soirée avant peut-être de te suggérer de remonter légèrement ton string, oui, comme ça, pour être encore un peu plus classe.

Puis un jour, sans crier gare, la jalousie pointe son nez.

Alors que tu t’apprêtes à sortir, il te rappelle, te regarde bien au fond des yeux, et te dit :

– « Tu fais pas de bêtises, hein ? »

Ce qui, dans le langage des pas jaloux maladifs, est fort de sens.

Ca t’en bouche un peu un coin. Surtout le moment qu’il choisit.

Rapport au fait qu’il est 16h et que tu pars faire deux courses en vitesse.

Un jour tu lui expliqueras peut-être qu’il a raison d’être un peu jaloux, mais que devant le rayon fruits et légumes de ton Franprix, tu as plus envie de faire une ratatouille qu’une partouze.

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