Confessions Intimes de Jenny

A force de mater des émissions de société sur des thèmes variés comme « Ils cherchent le grand amour » ou « A la recherche de l’âme soeur » ou encore « Célibataires, ils aimeraient pourtant ne pas être seuls », je suis devenue experte en psychologie des personnages.

Et je m’en vais donc, pour te le prouver, te brosser le portrait robot du protagoniste féminin typique.

Elle a un prénom de merde.
Elle s’appelle « Vanille », « Liloo » ou « Cassandra ».

Mais en fait, c’est un nom de scène
Parce que dans la vraie vie, elle s’appelle Jenny. Elle a bien fait de changer pour un homonyme beaucoup plus classieux.

Elle est strip-teaseuse
Non, gogo danseuse, pardon, c’est pas du tout pareil, franchement ça l’énerve trop cet amalgame. Ce qu’elle fait c’est pas du tout vulgaire, d’ailleurs elle s’impose des limites, elle ne montre jamais ses grandes lèvres.

Ce qui l’a poussée dans le métier, c’est le regard des gens
Faut pas croire mais Jenny a du recul sur elle-même et a su s’auto-analyser. En fait, petite elle était la risée de ses camarades. On l’appelait « Brin de fer », « Bibindhomme » ou « Sale pouffiasse ». Elle en a beaucoup souffert,et quand à l’adolescence son corps s’est transformé, elle a décidé de prendre sa revanche. C’est là qu’elle a commencé à s’habiller comme une pute s’aimer.

Tout ça c’est aussi un peu à cause de l’absence du père
Ca c’est pas Jenny qui le dit, c’est la voix off. Non pour Jenny tout ça n’a pas d’importance, parce qu’elle a sa mère. Josiane.

Jenny vit chez Josiane
Qui élève sa fille (à Jenny) pendant que Jenny court les castings de photos de lingerie.

Josiane et Jenny sont fusionnelles
Elles ont toujours été super complices. La mère l’a soutenue dans ses projets, elles sortent dans les mêmes endroits et même que parfois, elles se prêtent leur strings. Elles ont aucun problème à parler cul et mecs ensemble, après tout c’est fait pour ça une mère.

Jenny prend soin d’elle
Sa manucure est toujours impeccable, très carrée et très blanche au bout. Elle a une bague autour du pouce, et toujours un trait de crayon marron autour des lèvres. Et quand elle traîne chez elle, elle a un jogging en éponge turquoise et sur les fesses il y a marqué « USA » en lettres blanches.

Mais au fond, Jenny est restée une enfant
D’ailleurs, sa chambre dégueule de peluches et à l’intérieur de sa penderie il y a un poster de la Fée Clochette. Son nounours, un gros Tigrou délavé, est en pôle position sur son oreiller léopard rose et noir. 

Elle a été blessée par l’amour
Récemment, elle a vécu une grande histoire, ça aurait fait un an dans 10 mois. De lui elle a gardé que quelques photos dans une boîte, de leur premier Noël ensemble, ça faisait 15 jours qu’ils s’étaient rencontrés en boîte. Il a fini par la quitter, il était jaloux maladif, il avait mal pris qu’elle se fasse sodomiser pendant un shooting.

Elle aimerait juste qu’on l’aime pour ce qu’elle est.
C’est quelqu’un de très sensible, au fond, et qui en a marre que les hommes ne voient que sa plastique de rêve et ses tétons gonflés à travers son bustier blanc en synthétique. Merde quoi, il y a un coeur, derrière.

Jenny a son show dans 20 minutes. Elle part seule, dans le noir, et reviendra seule, à l’aube. Elle ira embrasser Josiane, un petit bisou sur la bouche, comme quand elle était petite, et sa fille, après, qu’elle n’aura pas vue de la journée.

Elle pensera à elle en se couchant, en se disant qu’il est grand temps qu’elle aille lui faire percer les oreilles, et aussi avec un pincement au coeur et une boule de culpabilité que comme vie, elle aurait préféré lui offrir mieux.

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