Serial killeuse

J’avais été patiente, pourtant. Je lui avais laissé quelques jours pour se calmer, en espérant qu’il fasse marche arrière. Qu’il comprenne qu’il était encore temps pour lui de se faire oublier. 

J’avais même usé de tous les stratagèmes. La douceur, d’abord, pour tenter de l’amadouer. La menace, aussi. L’indifférence, même, feignant de ne pas le voir, et ignorant ses provocations quand mon regard croisait malencontreusement le sien. 

Mais ce matin-là, tout a basculé. J’étais pourtant sure de ne jamais en venir aux mains avec lui. 

Mais en le croisant à cet instant-là, j’ai su que c’était le moment ou jamais. Je voyais bien à l’énergie qu’il déployait qu’il ne comptait pas en rester là, et qu’en ne faisant rien, par peur ou par lâcheté, les choses ne pourraient qu’empirer. 

Je me souviens qu’on s’est toisés quelques secondes. Lui prétentieux et insolent. Moi à bout de nerfs et menaçante. 

Puis les événements se sont précipités. 

Mes mains se sont approchées de lui, d’abord tremblantes, puis resserrant leur étreinte.

Ca avait quelque chose de jouissif de sentir, qu’à cet instant, j’avais sa vie entre mes doigts. Mais d’angoissant, aussi. J’avais beau m’attaquer à plus petit que moi, l’ennemi était de taille. Sa résistance aussi. 

J’ai cru à plusieurs reprises devoir abandonner. Mais les premiers dommages étaient irréversibles, et, rapidement, le point de non retour a été atteint : celui où l’on devine que le combat finira dans le sang. Et qu’inévitablement, il y a aura un vainqueur, et un vaincu. 

Alors dans un rictus de douleur, je lui ai assené le coup qui peut-être, allait lui être fatal. 

Comme dans un dernier réflexe de survie, il a opposé une résistance insoupçonnable pour un individu de sa corpulence.

Puis la réalité m’a sauté au visage.

J’ai regardé son corps terrassé et j’ai compris.

J’avais vaincu.

Oui, j’avais vaincu.

Et la vie allait enfin pouvoir reprendre son cours normal. 

 

Saleté de comédon.

Kmille, en mode faut-pas-me-chercher

%d blogueurs aiment cette page :