Je suis coquette. C’est dommage que ça se voit pas.

Je passe pour une fille physiquement super naturelle, qui assume ses imperfections et ne cherche pas à les camoufler à tout prix. 

Ce qui serait super cool, en soit, si je ne passais justement pas la moitié de mon temps et de mon salaire à essayer de les cacher. 

Parce qu’il y a quand même un truc qui est pire que d’être moche au naturel. Pire encore que de devoir passer des heures à se maquiller pour avoir l’air convenable. 

C’est de passer des heures à se maquiller et d’avoir l’air moche au naturel. 

J’invente pas, hein, c’est du vécu. 

D’hier, entre autre, quand je suis rentrée dans une parfumerie à la recherche du fond de teint qui réveillera enfin, cette fois c’est sûr, la bomba qui sommeille bien profondément en moi. 

Une vendeuse s’est approchée et m’a demandé ce que je voulais. 

Etre méga bonne Un fond de teint, je lui ai répondu.

Elle m’a regardée dans les pores gruik, et moi dans les siens. Inexistants, les siens, bien sûr. Les miens, par contre, elle n’a pas eu trop de mal à les trouver.

Elle est passée de rayons en rayons, hésitant entre la gamme anti brillance, celle anti comédons, celle anti pores béants et celle anti sale gueule.

Devant ma mine encore plus déconfite, elle a cru bon d’ajouter : « Ne vous inquiétez pas, une bonne hygiène de peau et un soupçon de maquillage, et c’est de l’histoire ancienne. »

Sous-entendu, quand t’auras fini de te rouler dans la merde en guise de démaquillage et que t’auras compris qu’un mascara ça ne sert pas à déboucher les chiottes, tu seras une autre femme. 

Elle a trouvé un fond de teint et m’a expliqué comment ça marchait. Au cas où j’aurais cru que l’idée c’était de tremper sa tête dans le pot. 

Je l’ai laissée me montrer la noisette dans la paume, à réchauffer avec les doigts, l’application sur le visage, par mouvements circulaires, la teinte, pas trop foncée mais surtout pas trop claire. Quand elle a commencé à m’expliquer comment se laver les dents appliquer la poudre, je l’ai coupée, « de l’extérieur vers l’intérieur, en insistant sur les zones bombées du visage ». 

Bah oui, c’est pas comme si j’avais déjà écrit 25 articles là-dessus, et que j’appliquais les préceptes à la lettre depuis 10 ans bientôt. 

Et là elle s’est stoppée net, a penché et incliné légèrement sa tête vers mes pores moi, a affiché sur son visage salement parfait un sourire salement maternel, et m’a dit tout près, si bien que je pouvais sentir son haleine salement poudrée : »Ouiiiiii c’est çaaaaa c’est biiiiiiiien !… » Avec un ton mêlant encouragement et étonnement. 

Le même que celui avec lequel on aurait félicité une incontinente qui n’aurait pas mouillé ses draps. Ou une grande accidentée après son premier pas. 

Ou encore un boudin qui saurait se maquiller. 

Kmille, en mode connasse-va.

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