Métier passion, métier de cons (parfois)

Dans la vraie vie normale, quand un employeur vous doit de l’argent, il vous le donne. Dans le monde fabuleux du journalisme, c’est pas aussi simple que ça. Dans le monde fabuleux de ma vie, c’est beaucoup plus compiqué que ça. Heureusement qu’on peut en rire, c’est pas comme si c’était la crise ou que j’étais en cloque. 

Dans le monde fabuleux de ma vie, d’abord il faut lui envoyer 54 mails avant qu’il daigne vous répondre. Le premier, il commence par « Salut xx, qué tal depuis la dernière fois ?(oui, dans le monde fabuleux de mon travail, on se tutoie même qand on ne se connaît pas, et on mélange les dialectes). Dis-moi, rien d’urgent, mais à l’occasion, pourras-tu me dire où se sont envolés les 950 euros que tu me dois ? Lol 😉 » Oui, dans le monde fabuleux du journalisme, on rit beaucoup et on s’amuse d’un rien.

Le 54 ème mail, il est plus concis et plus « straight to the point », du style : « Un recommandé avec AR part cet après-midi concernant la somme que vous me devez. Cordialement. » Oui parce que Bibi elle a beau être bien bonne, ya un moment où faut pas quand même la chauffer trop. Quand on la cherche, on la trouve, elle prend les choses en main et elle passe même au vouvoiement, attention, ça rigole plus.

Attention, jeunes inconscients innocents qui hésiteriez à vous lancer dans la merde le journalisme, sachez qu’il existe quelques règles à connaître : dans le monde fabuleux de la pige, il y a des bugs d’e-mails, qui font que de temps en temps, surtout en période de crise, vos empoyeurs reçoivent vos mails à hauteur d’un tous les 54. Par chance, c’est sur celui-là qu’ils sont tombés mais alors vraiment, les autres, impossible de savoir où ils sont passés. Ils sont surement en train de faire une partouze avec les 950 euros.

Dans la vraie vie, j’imagine que l’employeur en faute se sent un peu ballot de n’avoir pas payé. Dans le monde fabuleux du journalisme, l’employeur a, lui, des arguments pour ne pas te payer quand tu lui réclames ton dû. Et attention pas n’importe lequels.

– Franchement, Camille, c’est vraiment pas gentil. Non, c’est même très méchant patron. Mais je te signale qu’hier une caissière m’a demandé de payer ce que j’avais dans mon caddie. Chacun son tour, merde.

– Enfin Camille, tu peux pas faire l’effort de renoncer à cet argent tu imagines bien que c’est la crise financière pour nous. Et pour moi, connasse.

– Oui mais nous on a plus de frais que toi ! Sans commentaires.

– Tu gaches tout, parce qu’on était vraiment contents de ton travail. Donc vous payez peut-être seulement ceux qui font de la merde, pour être surs de rien gâcher ?

– Je te préviens, si on te paye, on gardera vraiment un très mauvais souvenir de toi. Ouah. C’est ce qu’on appelle un coup bas. Non. Tout mais pas ça. Gardez plutôt votre argent et un bon souvenir de moi.

kmille, en mode je-l’aurai-un-jour-je-l’aurai

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