La théorie du PBQT (Plus Bas Que Toi)

Avec ma copine Léo, on refait le monde. Attention, pas le monde genre la famine, la politique, les épidémies, les catastrophes naturelles et le développement durable, chacun sa merde après tout.

Le monde genre les hommes, les femmes, les couples, les ruptures, les retrouvailles, les raisons qui font qu’un homme aime une femme, qu’une femme aime un homme, qu’un homme quitte une femme, qu’une femme retrouve un homme, et même qu’une femme aime une femme et qu’un homme en aime un autre. C’est dire si on est ouvertes.

Et l’autre jour, on a mis au point une théorie que tellement qu’elle tenait et qu’elle était bien je me suis dit faudra que j’en fasse profiter la galaxie intersidérale. Comme c’était pas facile, je commence par vous. Merci de faire circuler.

C’est parti d’une discussion qu’on avait sur un mec. Le bilan c’était : il serait parfait s’il était moins gentil. Pauvre homme. C’est con t’es pas passé loin, tu nous aurais cramé avec une cigarette ou fait un croche-patte quand on passait, peut être qu’on aurait versé des torrents de larmes pour toi.

Puis dans ma grande finesse et mon esprit de liaison sans pareil, j’ai repensé à une phrase d’un billet que j’avais lu . Pour les grosses feignasses qui prendraient même pas la peine de cliquer, en gros, l’idée c’était : « si quelqu’un s’intéresse à moi, c’est qu’il encore moins bien que moi ».

Sur le coup, ça m’avait pas trop parlé. Mais après, si.

Parce que je m’étais souvent demandée ce qui faisait qu’on était systématiquement attiré(e)s par des gens qui ne voulaient pas de nous. Et ce qui faisait qu’on rejetait presque aussi systématiquement les hommes qui nous montraient de la gentillesse, voire même, ô comble de l’horreur, de la tendresse et de l’attention.

C’est peut-être elle la vraie coupable. L’idée profondément ancrée en nous qu’on est des moines que rien (féminin pluriel de moins que rien), et que le seul fait qu’une personne nous témoigne un peu d’affection ou un semblant de respect fait d’elle une plus que moine que rien (féminin singulier de moins que rien). Parce qu’il y a que les moins que rien qui aiment la merde.

Et, a contrario, l’idée non moins profondément ancrée qu’une personne qui nous rejette est forcément quelqu’un de bien, puisqu’on ne peut être que bien quand on rejette la merde.

Et le pire dans l’histoire, c’est que ça peut continuer longtemps, cette histoire. Parce que si tu rejettes l’autre parce qu’il t’aime, il suffit qu’il fonctionne comme toi pour qu’il s’accroche au fur et à mesure que tu te décroches. Puisque forcément, si tu te décroches d’une merde comme lui, c’est que t’es quelqu’un de bien.

C’est fou mais c’est comme ça, j’me nourris de ça, j’ai besoin de ça mon équilibre dépend de ça, je suis sur le Mic mec, j’aime quand ça fait Paaaaa quand ça vient d’en bas et quand c’est pas (un point de bonus pour celui ou celle qui relèvera cette magnifique allusion culturelle. Deux point pour celui qui mettra la chanson qui va bien. Piccolo, au travail)

Je disais donc, c’est fou mais c’est comme ça, j’me nourris de ça, j’ai besoin de ça. Et merde ça recommence j’ai un toc.

C’est triste qu’on soit condamnés non seulement à perdre du temps avec des gens qui ne nous veulent pas de bien, et en plus à passer à côté de ceux qui nous en veulent, du bien. Le tout en se nourrissant de la certitude qu’on est tellement bas que seuls ceux qui ne nous aiment pas peuvent être un peu plus hauts.

Kmille, en mode con(sternée)

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