J’ai testé pour vous : plein de trucs

La suite ! La suite ! La suite ! La suite ! (Bruit de la foule en délire qui réclame bah… La suite quoi)

Je disais donc, la soirée ne s’est pas tout à fait passée comme prévue.
Vous vous rappelez du mal de bide ? Et bien il m’a pliée en deux sur ma moquette pendant deux jours le saligaud. Si bien qu’un moment je me suis dit : certes je suis une petite chose sensible qui somatise tellement que c’est à cause de ça que j’ai mal au bide. Mais faut pas pousser Mémé dans les orties, là, ça peut plus durer.
Samedi, en fin d’après-midi déjà, ça allait mieux. Mais comme le matin ça allait pas, j’avais pris rendez-vous chez le médecin. Pour la fin d’après-midi.
Et je me suis dit que s’il pouvait me filer deux trois médocs pour que ça me reprenne pas dans la soirée, je cracherai pas dessus. Parce que la soirée était prometteuse, avec à la clé copain de là-bas dans le Sud que je vois une fois tous les 6 mois qui montait à la capitale. (bourré, en salopette blanche et avec 29 potes, oui, mais quand même)

Sauf qu’une demie heure après, j’avais un carton d’invitation pour une soirée aux urgences, à Cochin.

J’ai donc testé pour vous : aller aux urgences, un samedi soir, toute seule.

A pied. Oui, parce que Bibi elle est jamais malade. Elle va encore plus jamais aux urgences. Mais quand elle  doit y aller, c’est le soir de la GayPride. Le soir où il y a plus de taxis, plus de bus, et pas de métro qui s’arrête dans le coin. Enculés d’homos.

J’ai testé pour vous : avoir peur de ressembler aux bonshommes qu’on dessine en maternelles
La voilà donc partie, l’âme en peine et la larmichette à l’oeil, à pied, direction les Urgences, à se faire envoyer chier par tous les enfoirés à qui elle demande sa route. Et à se dire « Non, vraiment, c’est vraiment trop inzuste. J’ai pas de copain, personne ne m’aime, et en plus on va devoir m’amputer du ventre, ça va être douloureux, moche, et pas du tout pratique pour recoller mes jambes à mon cou. »

J’ai testé pour vous : me balader dans tout l’hôpital avec mon urine chaude à la main.
Je vois un médecin tous les 6 ans normalement. Là, j’ai fait le plein pour les 42 prochaines années. Parmi eux, il y en a un qui voulait un examen d’urine. Il m’a bien expliqué qu’il fallait uriner dans le pot. Merci je lui ai dit, je pensais que le but c’était de le poser sur le sol et de faire pipi tout autour. Ca l’a fait rire, mais il s’est vengé en me demandant de déposer le pot dans un box à l’autre bout du couloir. Le tout à moitié à poil sous une blouse jaune. J’aimerai juste comprendre pourquoi les pots sont pas transparents, ou pourquoi ils fournissent pas un panier avec, pour le dissimuler un peu. Parce que là, j’aurais eu une pancarte lumineuse avec écrit  » elle vient de pisser dans un pot et elle s’en est mis plein les doigts« , ça aurait été même combat.

J’ai testé pour vous : être enfermée dans un box des urgences à Cochin,

oubliée par le médecin qui devait venir vous voir. Mais quand vous êtes
jamais allée aux urgences, vous savez pas bien ce qui est normal, ou
pas. Du coup vous attendez 40 minutes avant de vous rhabiller et
d’ouvrir gentiment la porte. Là on vous dit qu’on vous a oubliée, et
vous vous dites heureusement que vous avez pas attendu deux ans pour
sortir.

J’ai testé pour vous : rencontrer plein de gens cool
Avec un point commun entre tous ces gens. Oui, le fait d’être aux Urgences, merci, c’est cool de voir que tu suis. Mais pas que.
Les chars de la gaypride.
C’était ça leur point commun.
C’était tous un char qui les amenait là. Il y en a certains qui étaient tombés d’un char. D’autres qui s’étaient pris un char dans la tronche. D’autres qui s’étaient fait rouler dessus par un char. D’autres qui avaient eu des accidents de scooter en allant voir les chars. Et une autre qui était tombée d’une barrière, l’entraînant dans sa chute, en essayant d’apercevoir les chars. Faut dire qu’elle en tenait quand même une sacrée couche celle-là.
Ils m’ont traités comme une reine, parce que moi c’était plus pire. Et que je leur disais que j’avais l’appendicite ou le cancer du nombril ou peut être même le sida de l’abdomen, et que dans quelques heures peut être que je ressemblerai aux bonshommes qu’ils dessinaient quand il étaient en maternelles, avec les jambes qui descendent juste de sous le menton.

J’ai testé pour vous : avoir une échographie comme quand on est enceinte alors qu’on est pas enceinte
J’étais dégoutée quand même. L’écran de télé, le petit embout bizarre un peu arrondi, le gel tout froid qu’on étale dessus, avant de le passer sur le bide, tout ça, c’est pour découvrir les petites mains et les petits pieds de mon bébé que j’aurai voulu l’avoir pour la première fois. Pas pour voir si mon mal de bide était dû à une appendicite ou à une grosse constipation.
Vous vous rappelez que je suis un peu bonne des ovaires ? Sachez bonnes gens que je suis aussi méga bonne du foie et du pancréas. Presque à se demander comment ça se fait qu’on m’a encore jamais demandé en mariage.

J’ai testé pour vous : ne pas avoir l’appendicite
Ou alors peut être un tout début mais trop début pour opérer. Faudra absolument que je retourne aux urgences aux prochains signes de douleur. Vu comme je suis vernie, je mets mon ventre à couper que ça sera le premier jour des fêtes de Bayonne ou le soir de mon mariage. Je vous vois venir là, vous vous demandez si c’était la grosse constipation. Non plus très chers. Je vous rappelle que je ne chie pas, mais que mon organisme n’en a de toute façon guère besoin. Je m’auto purge si tu vois ce que je veux dire. C’était une inflammation de je sais pas quoi. Mais là j’ai plus mal, et c’est quand même ça qui t’intéresse le plus n’est-ce pas.

J’ai testé pour vous : mettre le point final à un article beaucoup trop long
.

kmille, en mode finalement-c’était-pas-une-mauvaise-soirée

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