Heeeeeeein ?

Je suis plutôt pas violente comme fille, mais je pourrai perforer les intestins et crever les yeux dans un jet de sang avec des bouts de truc dedans aux gens qui OSENT me faire répéter quand je parle.

Bon attention hein, si genre t’es en train d’utiliser un marteau piqueur en écoutant ton MP3, je veux bien répéter, à la limite. Va pas croire que je suis une psychopathe non plus.

Sans le MP3, je ne te jette pas la pierre (Pierre) mais je suis à deux doigts de m’énerver. Puis alors s’il y a même pas de marteau piqueur dans l’histoire, là, tu risques de prendre cher.

Mais rassure toi, là encore, il y a des nuances. Mon degré d’irritation dépendra de ta façon de me demander que je répète. On a tous nos petites manies à ce niveau : il y a le classique « comment ? », le poli « pardon ? », le hésitant « le… ? », qui prend soin d’utiliser l’article précédant le mot qu’il a pas compris, pour bien montrer que quand même, il a essayé de suivre. Et il y a l’autre.

Celui qui me donne des envies de meurtre. Celui qui consiste à adopter un rictus horrible : nez et yeux froncés, bouche entrouverte laissant apparaître les dents du haut. (là, tu vois, ça fait 12 fois que je fais la grimace pour l’expliquer. Qu’est-ce qu’on ferait pas par amour pour vous). Et à l’accompagner d’un long, plaintif et lascif : « heeeeeein ? »

Après, il y a aussi des situations plus ou moins énervantes.

Voire ridicules. Pendant l’amour par exemple. Va-t-en répéter un truc que t’as dit pendant l’amour.
– « Hmmouaa c’est bon… »
– « Heein ? »
– Je disais « hmmouaa c’est bon »

Tu vois, tout de suite ça fait cake. Sans parler du fait que quand t’as répété deux fois un truc comme ça, l’autre se sent obligé de répondre, un truc qui sera forcément con puisque ta phrase n’attendait pas de réponse. Ca donnera hein
– « C’est vrai c’est bien ? »
– « Non non je déconne c’était juste histoire de casser l’ambiance en se disant des trucs bêtes, tu vois ça marche bien ».

A la suite d’une blague aussi, t’as toujours l’air con quand tu dois répéter. Tu sors une petite boutade aussi spontanée que naze, qui, tu espères, se perdra dans le flot de la discussion parce qu’elle ne méritait pas beaucoup plus. Pour peu qu’on te demande : « pardon ? », là je ne peux que te conseiller de pas répéter, au risque de vivre un grand moment de solitude. Et crois-moi, je sais de quoi je parle.

Mais le pire du pire pour moi, c’est quand on te fait répéter une fois que t’as vraiment fini ta phrase. Il y a des gens qui ont le chic pour ça. Tu parles, et au moment où tu as terminé ton affaire et que tu y a mis le point final, ton interlocuteur laisse s’écouler une longue seconde d’un silence lourd et pesant avant de te dire : « hein ? »

Je reprends où là ? C’est quand que tu as arrêté de m’écouter ? C’est sur le dernier mot que tu as flanché ou je suis censée reprendre après la virgule ? Ou si tu préfères on peut reprendre à partir du moment où je suis arrivée ?

Dans ces cas là, tu peux te brosser Martine pour que je te redise un mot. Rassure-toi tu perds pas grand chose.

Les gens qui me connaissent bien savent que j’ai un léger petit souci avec ça. L’avantage c’est qu’ils tendent l’oreille. L’inconvénient c’est qu’ils osent plus me faire répéter.

Ce qui donne des scènes peu probables, comme l’autre jour au supermarché avec mon père.

Moi : « Fais gaffe au cadis Pap j’ai laissé mon ordi dedans.
Lui : « Non non je crois qu’il reste des courgettes à la maison. »

Kmille, en mode ah-bon-ça-va-alors

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