Avez-vous déjà vu…

… Un moustique très très rusé ?
Moi oui. Hier. Enfin pas vu exactement, puisque c’est le propre du moustique très très rusé de ne pas l’être, vu. Je l’ai juste entendu. Saloperie.

Dans les choses que je déteste, je crois que ça arrive en troisième position après le chômage et les méchants. Ex æquo avec le bruit des fourchettes sur les assiettes.

Le moustique très très rusé se distingue du moustique très très chiant par le fait qu’en plus d’être très très chiant il est très très rusé.

Concrètement, il vous agresse toute la nuit à coup de « Brrrrrrrrzzzzzzzzzzzzzzzzz » (bruit du moustique très très chiant), mais contrairement à ce dernier, a la faculté de se volatiliser à la première lumière allumée dans la douleur par la victime très très pas contente de se prendre dans la tronche son hallogène Ikéa alors qu’elle tentait d’en atteindre l’interrupteur.

Oui parce que c’est ça l’avantage d’habiter un loft de 12m2. Pas besoin de se lever pour atteindre la lampe principale. Ni même pour cuisiner ou prendre sa douche d’ailleurs. T’as juste à te mettre à la perpendiculaire dans ton lit et à te rouler élégamment jusqu’à son extrémité, de laquelle tu peux aisément allumer ton halogène donc, mais aussi accessoirement attraper ta brosse à dent et battre tes œufs en neige.

Sauf qu’à deux heures du mat’ après avoir lutté comme une dingue pour t’endormir durant les trois heures précédentes, tu comprendras que la roulage élégant tient plus du vautrage mamouthal dans un râle d’énervement.

Revenons à nos moutons, ou plutôt à notre moustique (oh oh oh). Une fois donc que tu comprends qu’il vient de te vider un lit du sang du pouce, juste sur l’os là où c’est chiant de gratter, une fois que tu t’es auto-collé une méchante mandale en voulant le faire fuir de ta joue, une fois que tu t’es rendu compte que l’option sarcophage sous ta couette en plume c’était vraiment pas jouable sous 40 degrés sous les toits, une fois que tu t’es dit que celui, qui se reconnaîtra, qui t’a récemment assuré que les moustiques qui faisaient du bruit ne piquaient pas, s’est bien foutu de ta gueule ou devait pas être net ce jour-là, une fois tout ça, tu te décides que son heure est venue et qu’il va prendre cher.

En plus tu te rappelles d’un certain ex, qui parmi d’autres nombreux talents, avait celui de te niquer un moustique en moins de temps qu’il faut pour le dire, et ce à n’importe quel moment de la nuit. Il te suffisait de dire moustique dans un demi sommeil pour que le gaillard déplie son mète 85 de muscles, se hisse sur le lit, tende le bras pour atteindre l’interrupteur, l’autre pour exploser la pauvre bête d’un violent coup de coussin, et se recouche avant que tu ais le temps de le remercier comme il se doit.

Du coup t’essayes de faire pareil, sauf que tu te rends compte que l’ex en question il avait du tomber sur un moustique doté d’un QI de moule, et que le tien (de moustique pas d’ex), il a oublié d’être con l’enflure.

T’as beau explorer avec attention chaque centimètre carré des 4 murs de ton loft (et si tu as suivi ça en fait pas beaucoup de cm2), rien à faire, la crevure de moustique s’est fait la malle… Jusqu’à ce que tu te recouches.

Et ce cinq fois environ. Jusqu’à ce que tu te décides enfin à abandonner l’idée jouissive de lui exploser la tête et de voir gicler le sang qu’il t’a fourbement subtilisé, pour une méthode nettement plus douce mais non moins radicale : le désodorisant moustique.

Mais comme c’est vraiment pas ta nuit, t’es tombée sur LE désodorisant moustique qui ne peut être qu’efficace puisque même toi tu n’arrives plus à rester dans la pièce. Désodorisant qui a au moins l’avantage de t’assommer au point de rejoindre enfin les bras de Morphée.

Ce matin j’ai retrouvé le moustique. Les 4 pattes en l’air dans une flaque de formage blanc. Il avait du s’embourber dedans et mourir dans d’atroces souffrances. Triste mort pour un moustique très très rusé.

Kmille, en mode bien-fait-pour-sa-gueule

%d blogueurs aiment cette page :