Je sors de chez le coiffeur.

Demain il fera beau, mais ce qui est embêtant avec ce temps c’est qu’on ne sait jamais comment s’habiller. C’est ma voisine de shampoing qui me l’a dit.

J’ai le cheveu fatigué. Il faudrait vraiment le réparer en profondeur, depuis le bulbe. C’est ma coiffeuse qui me l’a dit.
« Vous sortez d’une période de contrôles ou d’exams ?», elle m’a demandé. Enfoirée va. T’as qu’à me demander si ma maîtresse elle est gentille aussi.

« On va dégrader pour donner du volume, effiler pour donner de la structure. » Sous-entendu vos cheveux n’ont ni volume, si structure. Bref, vous avez vraiment pas de race.

« Je préfère ne pas toucher aux longueurs » je lui ai dit.
Oui parce qu’on dit le cheveu et le bulbe alors qu’il y en a plein. Mais on dit les longueurs alors qu’il y en a qu’une.

Elle y a pas touché aux longueurs. C’était important pour moi. Quand vous vous êtes tapés les 23 premières années de votre vie avec un carré à la playmobile, c’est important de pas y toucher aux longueurs.

Paraît que je suis pas jolie avec les cheveux longs. M’en fous, moi je me sens femme depuis que je les sens dans mon dos, et même que samedi on m’a prise pour Charlotte Gainsbourg, et que ça ça n’a pas de prix, et que Charlotte Gainsbourg au carré ça serait son Serge pas bourré ou Jane avec des miches.

Rassurez-vous elle n’a pas touché aux longueurs. Elle a effilé et structuré. Par un processus étrange de déstrcturation.

Résultat : je ressemble à une rock star ringarde croisée avec un épagneul breton.

Le genre de rock star qui a jamais percé et qui percera jamais. Et le genre d’épagneul breton vilain, avec une tête d’humain.

Je m’en fous, c’est la beauté intérieure qui compte comme diraient les frères Bogdanoff.

Kmille, en mode ce-soir-chez-kmille-c’est-soirée-cagoule.

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