J’ai jamais aimé les week-end entre potes

Bien que j’ai l’air d’une fille super à l’aise, incroyablement bien dans ses baskets, étonnamment épanouie, et ô combien rayonnante, je fais un tout petit blocage avec certains aspects de la vie sociale.

Petits blocages de rien du tout qui m’amènent par exemple à développer une douleur abdominale casi insupportable durant les trois jours précédant une soirée où je connais personne et que c’est sur je vais avoir l’air trop con.

Petits blocages de rien du tout qui m’amènent également  à décliner systématiquement toute invitation s’apparentant de près ou de loin à un week-end.

Alors autant vous dire que les week-end prolongés entre potes, ça m’a jamais fait beaucoup fantasmer.
Et que pour en accepter un, il faut vraiment que je sois pompette ou pleine de bonnes résolutions.

Ce soir-là j’étais pompette.
Soirée Nouvelle Star oblige, on avait bien picolé. On a commencé à parler mai, week-end prolongés et premiers rayons de soleil. Ma pote Elo a laché, comme ça, au détour d’une conversation : « je fête mon anniversaire à Oléron le w-e du 1er, on sera une quinzaine de potes, tu es la bienvenue. »

« Ah oui tiens avec plaisir, je vais me renseigner pour les billets ».

C’était de moi ça.

Je ne sais pas ce qui m’a pris.

Toujours est-il que le lendemain j’étais en train de me renseigner pour mon billet.
Et que manque de chance, il restait des places.

J’avais calculé. De mercredi à dimanche ça faisait 4 dodos… 4 petits-déjeuners. 4 déjeuners. 4 dîners.

Putain… 4 petits déjeuners ! 4 petits déjeuners la gueule enfarinée et l’haleine douteuse, à être obligée de coller la bise à tout ce petit monde. 4 petits-déjeuners à devoir parler. Et peut-être même un peu sourire.

4 déjeuners. 4 déjeuners à préparer, avec grandes salades à éplucher et barbecue à allumer. Les salades et le barbec ça me bloque, ça fait trop week-end entre potes.

4 dîners. Où bien sûr tu n’es toujours pas allée à la selle. C’est pas faute d’avoir eu envie, surtout après le café du matin. Mais soit il y avait du monde et tu ne pouvais pas entrer. Soit il n’y avait personne ce qui laissait présager que bientôt il y aurait quelqu’un qui aura la même idée que toi et que par conséquent tu ne pourras plus sortir.
Bref, c’est l’heure du dîner et t’as le bide en vrac. Pas de chance parce que ce soir aussi c’est barbecue.

Allez courage, plus que 3 dodos.

Et tout ça c’est sans parler des après-midi à se déplacer en meutes pour faire une grande ballade, et qui te dit que MOI maintenant j’ai envie de faire une grande ballade, il y a quand même peu de chances pour que les 15 aient les mêmes désirs alors je vois pas pourquoi on part tous ensemble en week-end ;

Et c’est sans parler aussi des gens qu’il y aura. Et de ce qu’ils vont penser de moi. Et comment je suis censée faire, moi, pour passer pour une nana sympa, face à 15 personnes qui n’ont pas les mêmes critères de la nana sympa ?
Et imagine s’ils sont tous cons. Et imagine ils me parlent pas. Et je passe toute la journée toute seule.

Et on m’oublie en partant à la plage. On voit pas que je suis pas là et on m’enferme dans la maison. Pendant que je suis à la selle.

Puis les trajets en voiture. J’aime pas parler en voiture ça me donne envie de vomir. Je vais pas leur dire, quand même, je les connais pas : « Bonjour, je m’appelle Camille, et j’aime pas parler en voiture ça me donne envie de vomir. »

Je crois qu’il y a que les cons qui changent pas d’avis. J’espère au moins, parce que là, ce week-end, je serai bien restée 4 ou 5 dodos de plus.

4 ou 5 petits-déjeuners aussi. Sans embrassades ni effusion, parce qu’en fait les gens sont comme moi et ne raffolent pas de se prendre dans les bras au réveil.
Même pas obligée de sourire. Sourire automatique et sans forcer. Parce qu’il fait beau, qu’il fait chaud, qu’hier on a pris des couleurs, que le quatre quart avec du nutella c’est bon, et que je suis entre Elo et Cha, mes deux copines d’école, et que c’est dingue comme la vie est bien faite, si j’avais pas fait cette école de merde je ne les aurais jamais connues.

4 ou 5 déjeuners.
Eplucher les salades c’est pas si chant en fait. Et les barbecues, c’est quand même vachement bon. Et l’ambiance salade-barbecue finalement je dis oui. Midi et soir même.

Parlons-en du soir. Aller à la selle c’est pas si difficile en fait. Enfin, ça dépend pour qui il paraît. Moi, ça a été, merci.
Puis les déplacements en meute, c’est pas si terrible finalement. Chacun fait comme il le sent, et c’est ça qui est bon. Et si les 15 ont pas les mêmes désirs ils ont qu’à pas faire tous la même chose. Et s’ils se forcent un peu, ils verront qu’ils ont bien fait.

Et que d’aller bronzer sur la plage à faire des mots croisés, même en meute, il y a pire en fait.

Surtout quand la meute est comme elle était. Faite de gens différents mais avec en commun le fait d’être sympas. Et d’avoir aussi en commun certains centres d’intérêts, comme la picole, la bouffe, l’apéro, les cakes au thon et la picole. Et les mots fléchés.

Puis les trajets en voiture c’est pas la peine de prévenir en fait. Les gens s’aperçoivent vite que tu as sombré dans un sommeil profond qui ne t’a pas lâché jusqu’à l ‘arrivée. Si bien qu’on a beau te dire que t’es sur une île, t’as vraiment pas souvenir d’avoir traversé un pont.

Si bien que tu te rends compte à la fin du week-end que t’as oublié de te demander comment il fallait que tu sois. Et tu te dis que finalement c’est bon signe et que ta psy mérite bien tout le flouze que tu lui donnes parce que de plus en plus souvent, tu te surprends à plus te poser de questions et à être bien tout simplement, sans chercher à plaire.

A moins que ça soit grâce à la meute, qui aurait su te mettre à l’aise. Ou grâce à ton hôte qui ne se contente pas d’être juste canon et brillante, mais qui s’avère aussi être accueillante et attentive, même si elle aurait toutes les raisons du monde de ne penser qu’à elle, de temps en temps, et en ce moment.

Je préfère penser que c’est la psy parce que le prix qu’elle me coûte hebdomadairement, c’est quand même celui de deux  week end entre potes par semaine.

Kmille, en mode et-en-plus-j’avais-un-super-surnom. (C’est lié à mes lunettes de soleil, si vous trouvez pas vous êtes vraiment des buses) 

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