Je suis grave docteur ?

Je suis en train de regarder Capital, sur les vacances des Français.

Ils viennent de suivre le rédacteur en chef d’Easy-Jet, en déplacement à Agadir pour inspecter des hôtels et leur attribuer une note sur son site.

Dans l’un des hôtels, il a repéré plein de trucs qui n’« allaient » pas. Un tuyau qui dépassait de 3 mm,  un rideau déchiré sur 3 cm, une brûlure de cigarette sur la moquette et pas assez de place pour les transats.

Le directeur et le directeur adjoint s’essuyaient le front, réalisant soudainement l’ampleur du pouvoir des deux hommes et de la caméra qui les suit.

Et moi je m’essuie les yeux de voir ces deux messieurs plutôt âgés, qui ont accueilli chaleureusement les journalistes et leur équipe le matin même, qui ont sorti leurs plus beaux vêtements et qui se sont même sûrement parfumés, qui ont dû mal dormir la nuit précédente en imaginant cette rencontre. Qui ont accepté de recevoir la télévision en se disant qu’ils allaient pouvoir remplir leurs chambres cet hiver. Et qui en regardant la télé ce soir ont dû avoir le cœur qui se serrait.

En repartant, le rédacteur confiant à la caméra que la note ne dépasserait pas le 7/20.

Et moi je me dis que je vais partir là-bas, juste parce que j’ai de la peine. Et là je vous jure que j’en rajoute à peine.

Et le plus beau jour de ma vie ça serait que vous qui me lisez, vous partiez avec moi et qu’on débarque là-bas avec des bouquets de fleurs et qu’on aille faire un gros câlin aux deux messieurs en leur disant que leur hôtel est super.

Kmille, en mode là-je-vous-rassure-j’en-rajoute-un-peu (mais un peu seulement)

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