La fille en -ette qui devient fille en -ante

Hier j’étais à une soirée avec plein de gens (très sympas d’ailleurs) que je ne connaissais pas.
Dans le lot il y avait une nana. Blondinettte, mignonnnette, proprette, et plein d’autres adjectifs en -ette.

Sauf qu’un moment elle a dit de sa voix doucette : « Dans 15 jours je pars seule faire le tour de la Thaïlande ».

Et là elle est tout de suite devenue à mes yeux impressionnante, étonnante, fascinante, et plein d’autres adjectifs en -ante.

Pas que je sois particulièrement sensible aux baroudeurs et euses mais putain… Qu’est-ce que j’ai été impressionnée. Je pense que ça m’aurait pas fait le même effet si la nana avait eu des dreads et des piercings partout, et qu’elle avait affiché d’entrée de jeu comme un panneau publicitaire son penchant pour les voyages seule au bout du monde.

Mais là, sortant d’une petite bouche de petit bout de femme bien lisse, ça fait tout de suite quelque chose. C’est mon penchant pour le décallage je pense. Un peu comme un mec super classe qui sort une bonne blague bien grasse au moment où on s’y attend le moins. J’aime bien.

Bref, je m’égare.

Devant mes yeux en mode soucoupe, « J’en profite parce que je commence à bosser dans deux mois » qu’elle m’explique. « C’est mon petit break avant de me lancer. »

Moi mon petit break avant de me lancer c’est trois jours en Bretagne Sud, avec toute ma famille.

Franchement, j’admire. Il faut quand même être vachement (bien) construit dans sa tête pour pouvoir faire ça.
Il y a quand même des trucs qui m’échappent. « Quand tu descends de l’avion, concrètement, tu fais quoi ? » que je lui demande.

Oui, parce que derrière le « je-pars-toute-seule-au-bout-du-monde » qui déchire, il y a quand même la gonzesse qui se retrouve dans un aéroport qu’elle connnaît pas, avec personne qui vient la chercher et personne qui l’attend dans les 30 prochains jours.

Dans les films, ce moment de flottement est vite zappé, et on retrouve notre héros entouré de nouveaux copains de toutes les couleurs tous plus cool les uns que les autres. Mais dans la vraie vie, ça se passe comment ?

« Tu achètes un guide de la ville, tu vas dans l’artère la plus connue, tu trouves une auberge de jeunesse, et t’as pas le temps de poser tes affaires que tu as déjà fait connaissance avec deux personnes. Après ils t’expliquent d’où ils viennent et où ils vont, et selon le feeling, tu fais un bout de route avec eux, ou seule. »

Bah oui voyons. Rien de plus simple. Mais alors pourquoi j’ai toujours l’impression qe moi ça se passerait pas comme ça.

Kmille, en mode allez-je-me-lance-ce-week-end-je-pars-en-normandie

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