Je fais un blocage avec L’entreprise.

Le badge avec ton nom à faire glisser sur la borne pour activer le tourniquet de l’entrée, et à fixer ensuite sur ta chemise. Je reste toujours coincée dans le tourniquet et j’ai toujours pas compris le système de pince du badge.

L’ascenseur qui t’amène à ton étage. Plus c’est haut, plus c’est dur. Trouver un truc à dire que tout le monde sait que c’est juste histoire de parler tellement c’est inintéressant, ou ne rien à dire et passer pour une rustre tellement t’es même pas capable de dire quelque chose juste histoire de parler même si c’est inintéressant.

Arriver à ton bureau qui sent la photocopieuse, et t’installer sur ton fauteuil pivotant qui pivote plus depuis que tu t’es fait piquer le tien qui pivotait très bien.

Dire Bonjour à ton collègue de gauche qui mâche son chewing-gum la bouche ouverte et à ton collègue de droite qui fait grève de déo. Ou l’inverse d’ailleurs, n’y voyez aucune connotation politique.

Chercher M’sieur Dubois est qu’on te réponde qu’il est « en » clientèle ou « en » réserve.

Vouloir aller cherche un truc à la « cafet’ » et être obligée de demander à tout l’étage : « Je vous ramène quelque chose ? » Devoir ramener sept cafés, et un KitKat, sans la monnaie naturellement.

Prendre ton café avec a petite touillette en plastique, et devoir le boire dehors pour fumer une cigarette.

Vouloir rentrer. Et t’apercevoir que tu as laissé ton badge là-haut.

Prendre l’ascenseur, encore. Avec M’sieur Dubois, cette fois. Regarder la matière blanche coincée aux commissures de ces lèvres, et bloquer dessus, sans pouvoir lui dire.

Aller à un « debrief » avec ton « N+1 ».

Envoyer et recevoir des mails avec les mots « process », « propal », « asap » et « RAS », rien comprendre. En recevoir un avec « STP ». Comprendre.

Aller à la cantine qui sent la viande en sauce, et faire la queue parce qu’aujourd’hui c’est frites, en tenant un plateau un peu humide.

Te faire baiser et récupérer les 5 dernières frites de la tournée, cramées et froides. Demander beaucoup de mayo, pour donner du goût.

T’asseoir avec les collègues, et parler de séminaire, de formation, de RTT et de cet enfoiré de M’sieur Dubois.

Te rabattre sur le pain parce que la mayo aux frites ça passe mal, et t’apercevoir que t’as posé le croûton pile poil là où c’était humide dans le plateau. 

Aller fumer ton café et boire ta cigarette, et avoir un gros coup de barre.

Remonter, par l’escalier cette fois, parce qu’après les frites-mayo, t’as vraiment pas intérêt à parler trop près des gens.

Avoir les yeux qui se ferment pendant que tu « check » tes mails devant ton ordi.

Avoir envie d’aller aux toilettes, et te dire que tu iras quand tu seras tranquille chez toi, c’est moins gênant.

Dire « Bonjour » au monsieur qui vient vider les poubelles et « Au revoir » aux « collègues ».

Reprendre l’ascenceur, et te dire que t’as plus qu’une heure de transport avant d’être tranquille chez toi.

Kmille, en mode pas-très-corporate

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