De l’inconvénient des grèves

– Qu’est ce que t’as dans les cheveux ? Du chewing gum ?
– Non. De la pâte à prouts.

Samedi. Grosse soirée. L’anniversaire d’un pote de pote de pote. Le genre de soirée où on ne connaît personne et où on a pas très envie d’aller.

C’est pas grave, elle y va quand même, elle verra bien.

Après quelques petits verres, elle se dit qu’elle a bien fait d’y aller. Elle est super à l’aise, les gens sont supers sympas et elle est super bourrée.

C’est l’heure du gâteau et des cadeaux. Super marrants les mecs en plus, ils ont offert au gars de la pâte à prouts.

Puis ça commence à parler grèves. Et constitution. Et politique. Elle est plutôt de droite. Ils sont super à gauche.

Et c’est là que tout part en sucettes. De la fille super cool, elle passe à la fille super mal vue. Elle sent que les choses commencent sérieusement à lui échapper.

Elle a pas mal bu, et on sait que l’alcool rend pas mal con.Ou plutôt pas mal buté. Du genre à continuer quand il vaudrait mieux s’arrêter. Et à dire que la Constitution, ceux qui ont voté non c’est qu’ils n’avaient pas compris.

Alors évidemment, ceux qui ont voté non ça ne leur a pas bien fait plaisir. Il y en a même une qui dormait depuis une heure dans le canapé, qui s’est réveillée en hurlant : « Bah t’as qu’à dire aussi qu’on est tous des cons, pétasse ! »

Pas tous. Mais toi, oui, elle a pensé très fort. Mais elle n’a rien dit. Et ils ont décidé d’aller se coucher.

Ils dormaient par terre, dans la même salle. Elle a dormi d’un sommeil profond.

Elle s’est réveillée avec un peu mal au crâne. Alors elle a passé sa main dans ses cheveux.

De la pâte à prouts. Partout. Bleue. Emmêlée dans ses mèches et collée à son crâne. Et qui faisait des bruits de prouts quand elle passait ses mains dedans.

Elle a enfoncé dans son duvet son corps, sa tête, ses cheveux et sa pâte à prouts et elle en est sortie que quand tout le monde était parti. En jurant de se venger. Ou de ne plus jamais dire qu’elle n’aimait pas les grèves mais qu’elle aimait la Constitution.

Ou en tout cas pas devant des gens butés qui se vengeraient à coups de pâtes à prouts dans les cheveux.

Kmille, en mode-t’inquiète-Pauline-la-pâte-à-prouts-c’est-comme-les-grèves-
un-jour-ça-s’arrête.

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