J’aime pas le petit bonhomme des passages cloutés

Je rêve que, quelques mètres avant que je n’arrive au feu, le feu passe à l’orange et les voitures ralentissent. Et que, au moment où je me retrouve devant le passage clouté, le petit bonhomme passe au vert.

C’est quand même pas compliqué. Et pourtant, la vie me le refuse.

Croyez-moi ou pas, ça ne m’est JAMAIS arrivé. Et depuis quelques semaines, ça tourne même à l’obsession. Pour tout vous dire, ça me fait même monter des larmes d’énervement aux yeux à chaque fois que ça se produit. Ou plutôt que ça ne se produit pas. C’est à dire tout le temps.

Dans le meilleur des cas, il est rouge pour les piétons et vert pour les voitures. Et j’attends. C’est énervant, mais ce n’est pas le pire.

Le pire, c’est quand le bonhomme est vert, mais qu’il est encore à quelques mètres de moi. Tous les deux, on se défie du regard. Je lui dis tout bas que j’aurais sa peau. Il me nargue de son vert vif. Quelques secondes après, mon pied s’apprête à se poser sur le passage, et je m’apprête à crier victoire.

Et là, au moment où mon orteil effleure la terre promise, le bonhomme revêt son costume rouge, dans un dernier éclair de sournoiserie.

Je tais mon angoisse et mon désespoir, je lui tourne le dos, et j’attends même pas qu’il redevienne vert pour traverser, juste pour le faire chier.

Et que vous dire des cas où les deux feux sont au rouge et les voitures à l’arrêt… Ces fois où j’hésite à passer et où j’ai l’impression que tous les automobilistes se rient de moi. Ces fois où, pour me donner de la contenance, je saisis mon téléphone. Ces fois où, après m’être dit que j’aurais eu 18 fois le temps de passer, je me décide à y aller. Et qu’il est évidemment trop tard.

Kmille, en mode je-l’aurai-un-jour-je-l’aurai !

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